Agenda

Haga click en cualquier dia

Para mostrar las Actividades




 »La Coordinadora en los Medios  »La Bolivie punit le harcèlement politique
20 de Julio del 2012

La Coordinadora en los Medios

La Bolivie punit le harcèlement politique

VENDREDI 20 JUILLET 2012

«La présente loi a pour objet l’établissement de mécanismes de prévention, d’attention et de sanction contre des actes [...] de harcèlement et/ou de violence politiques à l’encontre des femmes [...].» Le 28 mai 2012, l’Assemblée plurinationale bolivienne adopte la nouvelle loi contre le harcèlement et la violence politiques. Deux mois plus tôt, le corps de la conseillère municipale Juana Quispe, farouche combattante anti-corruption, était retrouvé sans vie. Il portait des signes de strangulation par pendaison.

«L’exercice politique des femmes est récent, il remonte à 1952. Aujourd’hui, ces dernières se sont intégrées à tous les niveaux du pouvoir. Par cette intégration, l’Etat a lui-même développé une forme de violence à leur encontre. La loi entend maintenant protéger les droits des élues», explique Monica Novillo, de la Coordinadora de la mujer.

Tout a commencé en 2000, à la suite du harcèlement dont souffre une élue de la part de ses pairs. Cette dernière crée alors l’Association des conseillères municipales de Bolivie (ACOBOL), qui se lance dans la rédaction d’une loi. Parallèlement, elle assure la compilation et le suivi des plaintes pour harcèlement et violence politiques au niveau national. «Il n’y avait ni jurisprudence ni tribunal spécialisé, se souvient María Eugenia Rojas, directrice d’ACOBOL. Même si la plupart des cas constituent des infractions au Code pénal, aucun n’avait abouti à la condamnation de l’agresseur.»

En juin 2010, ACOBOL réalise une enquête auprès de 36% des élues municipales. Quarante-huit pourcents d’entre elles reconnaissent avoir déjà été victimes de violence politique. Dans 73% des cas, il s’agissait de violence psychologique.

Entre 2003 et 2012, la loi fait des allers-retours entre les chambres parlementaires et subit diverses modifications. «Nous nous sommes battu pour que soit reconnue cette forme particulière de violence à l’encontre des femmes, méritant un traitement à part. On ne voulait pas que le législateur introduise aussi les hommes dans la loi», confie Monica Novilla.

Au-delà du code pénal
Le fait que le parlement soit aujourd’hui dirigé par deux femmes a sans aucun doute facilité l’approbation de la loi en mai dernier. Ainsi, le droit caractérise aujourd’hui spécifiquement le harcèlement (pression indirecte) et la violence (atteintes à l’intégrité physiques et psychiques) politiques. Il définit dix-huit types de violations, de la restriction de l’usage de la parole, à la démission forcée (lire ci-dessous), en passant par la divulgation d’informations privées ou le non paiement de salaire. Les sanctions sont des peines privatives de liberté de deux à cinq ans pour les cas de harcèlement et de trois à huit ans pour les cas de violence politique.

Mais tout reste encore à faire. «Le défi aujourd’hui pour les femmes n’est pas tant d’accéder au pouvoir que d’y rester, commente Monica Baya, de la Communauté des droits humains. Beaucoup de femmes sont poussées à la démission pour avoir mis sur la table des sujets qui dérangent, notamment la corruption. Elles ont souvent assumé cette violence comme le prix de l’accession au pouvoir. Cela doit changer.» Les cas de réélection sont rares (6% en 2010) et beaucoup de femmes ne terminent pas leur mandat, du fait de la pression exercée à leur égard.

La nouvelle loi laisse espérer un changement en la matière. Là où le code pénal se contente de condamner l’agresseur, elle ouvre une voie administrative permettant de restituer les droits politiques à la victime et annulant les actes de démission forcée. «Pour nous, l’importance de créer une loi à part (du code pénal, ndlr) était de lier ce type de violence au milieu politique. Le défi est maintenant de générer un débat public», analyse Monica Novillo.

 
Autor: LE COURRIER
Formato del Medio: Medios Impresos
Pagina: http://www.lecourrier.ch/100567/la_bolivie_punit_le_harcelement_politique



Coordinadora de la Mujer
Av. Arce 2132, Edificio Illampu, Piso 1, Oficina A • Telf/Fax. 591-2-2444923 • La Paz - Bolivia
Diseño y desarrollo web: Dibel Soluciones en Tecnologia